Descenderie de Saint-Martin-La-Porte

Localisation : Savoie

Les travaux de la descenderie de Saint-Martin-La-Porte en Savoie s'inscrivent dans le projet de la nouvelle liaison ferroviaire Lyon-Turin et plus particulièrement le tunnel de base Transalpin Franco-Italien. Cette descenderie se situe sur la commune de Saint-Martin-la-Porte, en Maurienne, à 695 m d'altitude au lieu-dit le Plan des Saussaz.

 

De 2 000 m environ (pente de 8 %) elle présente la particularité de rencontrer des convergences exceptionnelles de plus de 2 mètres qui conduisent Razel à adopter un soutènement inédit en 3 phases. 

La première phase, constituée de béton projeté, de boulons d'ancrage et d'un cintre métallique coulissant, a une durée de vie de 3 semaines, avant d'être complétée par une deuxième phase de soutènement constituée de nouveaux cintres coulissants, d'une nouvelle couche de béton projeté renforcée par un treillis soudé, d'éléments en béton compressible répartis sur 8 saignées longitudinales autorisant la déformation du soutènement sous l'effet des contraintes exercées par le terrain. Enfin, un anneau en béton d'un mètre d'épaisseur vient bloquer définitivement les mouvements du terrain à 80 m du front, soit plus de 3 mois après que les terrains aient été creusés.

 

Mise en service :

2008

Maître d'ouvrage :

Lyon Turin Ferroviaire (LTF)

Maîtres d'oeuvre :

Scetauroute - Antéa

 

Objectifs du chantier

Son creusement a pour but, dans un premier temps, d'appréhender les conditions d'exécution des ouvrages prévus dans les zones du secteur de Saint-Martin-la-Porte, en vue de réaliser le futur tunnel de base de 52 km. Par la suite, cette descenderie servira pour la construction du tunnel de base et, au stade définitif, comme galerie de service.

 

Caractéristiques techniques et équipes

La descenderie mesurera 2 065 m, pour une section de 80 à 100 m². À partir de la tête, le tracé suit une courbe en légère pente montante de 1 % selon un rayon de 710 ml avant de descendre d'une manière rectiligne à 7,8 % de pente.

 

Le Maître d'ouvrage, Lyon Turin Ferroviaire (LTF) en a confié la maîtrise d'oeuvre à un groupement constitué par Scetauroute, mandataire, Antea et Alpina. La construction a été attribuée à un groupement d'entreprises comprenant Razel, mandataire, Bilfinger Berger, Pizzarotti et GRA (Granulats Rhône Alpes). Les sociétés Fondazioni Speciali et GD Test sont sous-traitantes du groupement.

 

Détail de l'avancement du creusement

Le creusement de la descenderie a débuté fin juin 2003. Sur les 60 premiers mètres, l'excavation a traversé un cône d'éboulis. L'avancement a été réalisé en deux étapes, d'abord la demi-section supérieure (calotte), puis la demi-section inférieure (stross).

L'excavation de la calotte a été effectuée à l'abri de voûtes parapluie constituées de tubes pétroliers de 127 m de diamètre et de 15 m de long. La zone a ensuite été traitée par injection de béton et l'on a procédé à la pose de cintres métalliques HEB 220 avec projection de béton de remplissage. Des micro-pieux de 8 m de long ainsi que des ancrages latéraux de 5 m ont complété le dispositif, avant la reprise du stross.

Ensuite, l'excavation a repris en pleine section, avec abattage à l'explosif. À fin juin, 905 m étaient creusés. Les eaux du tunnel ainsi que les eaux de ruissellement de la plate-forme sont récupérées dans un bassin de décantation de 2 700 m³ de capacité. Différents contrôles et analyses sont effectués sur l'eau. L'ensemble des mesures environnementales effectuées sur le chantier (eau, air, bruit, poussière) font l'objet d'un suivi de tous les acteurs du projet.

 

Témoignage

Chef électricien :

Quelles sont les particularités du chantier de Saint-Martin-la-Porte ?

Le tunnel de Saint-Martin est une descenderie à 7,8 %, excavée en mode traditionnel à l'explosif avec l'installation d'un concasseur à l'avancement et d'un système de convoyeur à bande pour l'évacuation des matériaux. De plus, le risque existe de trouver du méthane, ce qui nous oblige à utiliser du matériel anti-déflagrant pour le pompage en cas de venues d'eau, des transformateurs pressurisés et tout un système de détection de gaz à front et répétition des alarmes en tunnel tous les 200 m. La mise en service de ce type de matériel (très encombrant et lourd) demande une vigilance très importante et une formation spécifique du personnel et la mise en place de procédures pour éviter tout risque d'accident.